Préparer la saison cyclonique 1/2 : quand et comment ? ⛈

5 juin 2018 - 774 vues

Les ouragans majeurs Irma et Maria qui ont secoué nos îles l’année dernière nous ont rappelé, avec beaucoup de violence, notre vulnérabilité face aux aléas climatiques. Ils nous ont surtout révélé à quel point nous étions peu et/ou mal préparés à affronter des phénomènes catastrophiques tels que les ouragans de classe 5. Plusieurs spécialistes locaux, relayés par les médias, ont d’ailleurs pointé du doigt la faiblesse de notre culture du risque. Comment préparer la saison cyclonique au mieux dans la perspective de telles catastrophes ? Sans prétendre qu’il est possible de traverser indemne ce genre d’épreuve, peut-être pouvons-nous faire mieux. Je vous laisse prendre conseil auprès d’experts pour ce qui relève de la protection de votre habitation, la formation aux premiers secours et la constitution d’un kit de survie. Modestement, je souhaite partager avec vous une stratégie pour constituer un stock de vivres en perspective de la saison cyclonique.

 

préparer la saison cyclonique

 

1. Préparer la saison cyclonique en amont

calendrier préparation saison cyclonique

AVANT qu’elle débute ! Selon moi, s’y prendre au dernier moment est le meilleur moyen d’être mal préparé. En s’y prenant bien à l’avance, on a le choix des produits, on évite la cohue dans les hypermarchés et la déception face aux rayons vides. Surtout, on se libère du stress et de l’inquiétude de n’avoir pas pu constituer de réserves suffisantes ou appropriées avant l’arrivée imminente d’une tempête.

L’enjeu : pouvoir s’alimenter au mieux en cas d’isolement pendant plusieurs jours – par exemple en attendant les secours ou la réouverture des routes après une intempérie majeure.

 

Il est vrai que d’une façon générale, j’aime avoir mes placards bien garnis en permanence – pour avoir toujours sous la main de quoi répondre à un caprice gourmand 😋. Mais tout de même, je commence à faire des provisions en prévision de la saison cyclonique dès le mois de juin. Ça peut paraître tôt mais la Martinique a déjà connu des phénomènes très précoces.

Il ne me semble pas nécessaire de réaliser un trop gros stock pour « tenir toute la saison » – mais cela n’engage que moi – puisqu’après une première intempérie, il est tout à fait possible de faire quelques courses d’appoint pour remplacer les produits utilisés. Personnellement, j’essaie toujours d’avoir un stock de vivres pour une semaine, qui s’ajoute à mon fond de cuisine habituel, déjà bien garni. Cela étant, et puisque les événements potentiellement catastrophiques semblent devoir se multiplier, il faudra sûrement stocker davantage à l’avenir.

Si vous vivez dans une région régulièrement coupée du reste de l’île pour cause de rivière en crue, pont effondré, route barrée, etc. après d’intenses averses, votre expérience vous incitera peut-être aussi à constituer un stock plus important que pour une semaine.

 

2. Préparer et gérer le stock

Côté cuisine, préparer la saison cyclonique c’est constituer un stock suffisant de provisions. Avant de faire vos courses, déterminez le ou les espaces de stockage (dans la cuisine ? dans le garage ?). Pas la peine de remplir un caddie si vous ne pouvez disposer que d’un petit placard !

Idéalement, il faut stocker un peu d’eau potable dans chaque pièce de la maison, en plus d’une réserve principale dans un espace dédié.
Pour les vivres, c’est à chacun d’aménager son ou ses espaces de stockage selon l’organisation de son habitat. Moi, j’applique littéralement l’expression « Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier »,  alors je disperse : un peu dans la cuisine, un peu dans le buffet du salon, un peu dans une malle dans le garage… Juste au cas où je n’aurais malheureusement plus accès à la cuisine. Vous trouvez que j’en fait trop là ?☺

 

stock de vivres provisions

 

Ensuite, informez-en toute la maisonnée en insistant bien sur le fait que ces produits ne doivent pas être consommés avant la fin de la saison cyclonique, à moins d’une intempérie. Car on est bien d’accord : constituer une réserve de provisions ne sert à rien si vous la consommez avant l’événement fatidique. Je suis sûre de n’être pas la seule à avoir déjà cherché en vain un pack d’eau mis de côté… qu’un opportuniste avait bu avant l’heure « parce qu’il n’y avait pas de cyclone ».

Enfin, selon le nombre de personnes dans le foyer, constituer un stock de provisions suffisant pour nourrir sa famille plusieurs jours après une intempérie peut représenter une dépense importante. Et oui, préparer la saison cyclonique a un coût, que vous pouvez cependant maîtriser dans une certaine mesure. En plus d’éviter la cohue dans les magasins, s’y prendre à l’avance, en ajoutant simplement quelques produits aux courses hebdomadaires, permet de ventiler la dépense et mieux gérer son budget. Pour savoir quelles provisions privilégier dans votre stock, cliquez ici et retrouver tous mes conseils et astuces en vidéo.

 

boîtes de sardines préparer saison cyclonique

 

3. Faire des provisions alimentaires c’est bien… Pouvoir les cuire c’est mieux !

Imaginez un peu : les Antilles sont frappées par un cyclone majeur et pendant l’événement vous êtes privé d’électricité. Le désastre est tel que vous vous retrouvez confiné chez vous jusqu’à nouvel ordre. Heureusement, vous avez suffisamment de provisions pour vous nourrir plusieurs jours s’il le faut. Mais voilà, vous n’avez plus de courant et votre cuisine… est 100% électrique. Vos plaques de cuisson et four sont donc tout à fait hors d’usage. Vous voyez où je veux en venir ? Si vous vous donnez la peine de faire des provisions, allez jusqu’au bout de votre démarche. Préparer la saison cyclonique c’est aussi compléter si besoin l’équipement de sa cuisine. Cela ne représente pas forcément une grosse dépense supplémentaire mais pourrait s’avérer crucial le moment venu.

Vous pouvez acheter un réchaud d’appoint, par exemple ceux avec plusieurs anneaux concentriques pour s’adapter à la taille de la casserole. Et n’oubliez pas le gaz ! Pour une semaine en cuisinant trois repas par jour, un bidon de gaz de 3 kg suffit plus que largement… surtout si vous ne cuisez rien de plus que nécessaire et si vous abritez le réchaud du vent pendant les cuissons. Lisez bien les notices et conseils de sécurité et testez le matériel avant la saison cyclonique. Il sera sûrement difficile de déballer et découvrir le matériel pendant la catastrophe alors que vous serez, au mieux stressé, au pire paniqué.

 

 

Autre option, si vous avez un extérieur : investir dans un petit barbecue et un sac de charbon. Pensez aussi aux allume-feux ; les puristes préféreront conserver de vieux journaux et réserver une bouteille d’huile. S’il ferme, le barbecue présente l’avantage de pouvoir servir de four car, oui oui, je vous assure qu’on peut faire du très bon pain et même des gâteaux au BBQ (expériences vécues).

 

 

Dans tous les cas, prévoyez de stocker plusieurs boîtes d’allumettes dans autant de boîtes parfaitement hermétiques.
Petit bonus : réchaud d’appoint et BBQ sont utilisable toute l’année, pour une bonne grillage dominicale ou au camping par exemple.

Je ne l’ai pas citée en premier car c’est encore la solution la plus onéreuse : le groupe électrogène. C’est super pour ne pas perdre les denrées réfrigérées ou congelées, on peut charger son téléphone et continuer à facebooker, on peut même regarder la TV 😅. Selon sa puissance, il peut même vous permettre d’éclairer toute la maisonnée… mais pourrait nécessiter l’intervention d’un électricien pour son installation. Dans tous les cas, il présente quand même quelques inconvénients non négligeables. D’abord, il produit un bruit assourdissant, qui en plus d’abîmer notre audition est source de stress. Ensuite il n’est pas forcément possible de l’utiliser partout (se référer à la réglementation). Sans parler des gaz d’échappement qui de toute façon imposent de l’installer dans un endroit ventilé, vous ne pouvez guère l’utiliser dans un appartement si vous voulez rester en bon terme avec vos voisins.

 

Pour ce qui concerne la cuisine, préparer la saison cyclonique n’est pas bien compliqué mais demande un peu d’anticipation et d’attention aux détails. S’y prendre dès les mois de juin-juillet n’est pas un luxe mais une garantie de sérénité : on évite la cohue et le stress de dernière minute, et on répartit les dépenses sur plusieurs semaines ou mois. Pour bien se préparer il faut aussi se mettre en situation pour identifier les difficultés – par exemple l’espace de stockage d’un certain volume de provisions ou une cuisine 100 % électrique privée de courant pendant plusieurs jours – et mettre en place des solutions pratiques, adaptées à son environnement et son budget – un réchaud d’appoint avec son bidon de gaz (3 kg), voire un barbecue et son sac de charbon si on dispose d’un extérieur.

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A propos de Katreen, de la TeaM Tatie Maryse

Passionnée de cuisine depuis mon enfance, j’ai rejoins la TeaM Tatie Maryse en 2016 pour participer à cette aventure culinaire hors norme. Créatrice et animatrice culinaire au style éclectique, j’aime aussi partir à la rencontre de mon territoire et de ceux qui le font vivre. Je mets un point d’honneur à approfondir mes sujets et partage avec vous mes découvertes.

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