DOSSIER | Intempéries, grèves, épidémies… Continuer à se nourrir en cas d’isolement forcé

7 mars 2020

Vivre sur une île… Ah, quel bonheur ! Vous savez, le petit côté « paradis sur Terre »… Et bien on l’oubli très vite quand les flux portuaires et aéroportuaires sont ralentis, voire arrêtés. Grève, intempérie, pandémie menaçante… Quand des difficultés d’approvisionnement s’annoncent on est vite gagné par l’anxiété et les préoccupations les plus immédiates sont de continuer à (bien) se nourrir et préserver sa santé. Je vous renvoie à votre pharmacien pour la constitution d’un kit de premiers soins, ici on parle cuisine. Et vous allez voir, il n’est pas si compliqué de constituer un stock alimentaire pour supporter une courte période d’isolement. C’est parti !

 

stock alimentaire épidémie pénurie intempérie

 

1. Composer son stock alimentaire

Le confort de nos modes de vie contemporains, où tout peut être rapidement accessible et en quantité, nous empêche de développer une vraie culture du risque. Et pourtant, avec une saison cyclonique marquée et régulièrement très active, nous devrions tous être familiers du stockage.

D’ailleurs nous avons déjà abordé la question du stock alimentaire en vue de la saison cyclonique : quand constituer les réserves, de quoi et comment les stocker, quels équipements complémentaires pour cuisiner avec peu d’énergie et d’eau… Cliquez ici pour retrouver tous nos conseils.

 

préparer la saison cyclonique aux Antilles

 

2. Stocker quand ? Et pour combien de temps ?

Stocker quand ? Dès maintenant. Les cyclones ont leur saison, certaines maladies aussi mais pas toutes, et les grèves… Surprise !
Sans sombrer dans le survivalisme, il est toujours bon d’avoir chez soi quelques bidons d’eau potable pour meubler une étagère du garage et quelques conserves pour habiller le fond du placard.

 

calendrier préparation saison cyclonique

 

Et pour combien de temps ? Une semaine ? Un mois ? Impossible de prédire quand le stock de vivres sera utilisé – en fait, « jamais » serait l’idéal – ni combien de temps durera l’isolement.

Pour une saison cyclonique les recommandations officielles au moment de la rédaction ces lignes sont de stoker des aliments pour au moins 72h (3 jours). C’est en principe le délai pour l’organisation et l’arrivée de secours extérieurs. Mais c’est un minimum car les ouragans de classe 5 de ces dernières années doivent nous inciter à plus.

 

stock de vivres provisions

 

Personne, je pense, n’a oublié la grande Grève contre la vie chère de 2009, ni l’impact du mouvement des Gilets jaunes plus récemment. Quand le retour à la normale dépend de la motivation et de l’efficacité des parties engagées à résoudre leur conflit, un stock alimentaire pour trois jours semble bien court. En cas de grève, un stock pour 10 j semble plus convenable dans la mesure où les mouvements réellement paralysants durent rarement très longtemps.

pénurie alimentaire

 

Un stock pour trois jours, c’est assurément trop peu pour faire face à une quarantaine, ou pire un isolement sanitaire, en cas d’épidémie par exemple. Pour 15 jours, 1 mois, voire plus, si la composition du stock de nourriture ne change pas il faut en ajuster le volume à la hausse. L’espace occupé est beaucoup plus important, et son utilisation pourra imposer une gestion rigoureuse des rations.

 

stock alimentaire

 

3. Aménager un potager

Cultiver un potager quand on dispose d’un espace pour cela est encore la meilleure façon de limiter l’impact des pénuries sur son foyer. Et sauf à vouloir absolument produire des légumes racines il ne faut pas nécessairement une grande surface. Un petit potager de 15 m2 bien géré requiert relativement peu de travail et, sans parler des économies toute l’année, peut être d’un grand secours quand il devient difficile de s’approvisionner dans le commerce. Mais évidemment, il ne faut pas attendre la pénurie pour commencer à planter. Le potager s’inscrit dans un projet au long cours pour être déjà productif en cas de nécessité.

 

potager de la TeaM

 

Et que ceux qui vivent en appartement ne soient pas trop frustrés. Nous sous-estimons largement les possibilités de production sur nos balcons et du pied de nos immeubles. Sur un balcon, une jardinière de 60 L peut en effet produire, entre autre les herbes aromatiques, des salades, des choux… mais aussi des carottes, des radis… et même des tomates et des aubergines. Seule contrainte, ne pas tout laisser déborder pour rester en bons terme avec ses voisins. Évidemment, cela ne vaut pas un grand potager au sol mais ça peut aider car les cultures peuvent se succéder toute l’année.

 

table de culture

 

Un potager collectif au pied de l’immeuble ou sur le toit sont des projets plus ambitieux à étudier avec l’accord du syndic – mais il me semble que l’enjeu en vaut la négociation, non ? Au delà du côté « dépannage en cas de crise », cela peut être un moyen de tisser des liens avec ses voisins, de proposer aux enfants une saine activité, et même d’embellir son cadre de vie – oui oui, les fleurs de tomate et d’aubergine on aussi leur charme…

récoltes de la TeaM

 

En définitive, satisfaire tout ou partie de ses besoins alimentaires quand l’île connaît des difficultés d’approvisionnement n’a rien d’impossible. Cela demande juste un peu de temps pour concevoir et planifier le projet, qu’il s’agisse de constituer un stock alimentaire et/ou un potager. Et si en plus les énergies peuvent se fédérer, au sein de la famille ou du quartier, les perspectives peuvent être encore plus belles.

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A propos de Katreen, de la TeaM Tatie Maryse

Passionnée de cuisine depuis mon enfance, j’ai rejoins la TeaM Tatie Maryse en 2016 pour participer à cette aventure culinaire hors norme. Créatrice et animatrice culinaire au style éclectique, j’aime aussi partir à la rencontre de mon territoire et de ceux qui le font vivre. Je mets un point d’honneur à approfondir mes sujets et partage avec vous mes découvertes.

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